Qui dit 2.0, pense souvent media online dernier cri, qu’il soit interne à l’Entreprise, ou posé et animé sur le web au service du marketing, de l'innovation ou de la communication. Or lors de nos prestations de conseil, l’un des messages les plus délicats à transmettre, tant aux maîtrises d’ouvrage qu’à leurs sponsors et aux exécutifs, est celui-ci : le 2.0 est avant-tout une démarche, une stratégie, et un état d’esprit ! Les outils ne sont qu’un moyen.

L’un des exemples les plus édifiants provient de l’un de nos bons vieux supports traditionnels… le papier. 1000 journals est une expérimentation lancée il y a 9 ans, dont le concept est simple : déposer littéralement aux quatre coins du monde des centaines de carnets, vides, à remplir par le tout-venant.

Chaque personne tombant dessus en s’asseyant sur un banc, prenant place dans un café, ou le recevant des mains d’un ami ou d’un correspondant du bout du monde, y griffonne quelques mots, colle des images, des photos, y coud parfois même une feuille d’arbre, un motif, dépose des post-it, dessine son monde, son univers... et le transmet.

Une fois un carnet plein de ces instantanés, il est normalement renvoyé aux expéditeurs qui les compilent, et qui ont eu l’intelligence de s’effacer (« Someguy » est le nom d’auteur de la compilation) derrière cette œuvre modeste mais très riche.

Au final, ont été ainsi accumulées des milliers de pages, produisant une photo d’un ressenti collectif, des petites souffrances et quelques bonheurs, qui ont finalement un goût plus familier que l’on pourrait le penser, quelles que soient les lieux et cultures qui les hébergent. Et l’on y découvre surtout émerveillé la force imaginaire et créatrice qui sommeille sur toute la surface du globe. A mi-chemin entre un réseau social anonyme et du crowdsourcing créa, 1000 journals est la preuve que le 2.0, ça peut ne pas être une question de techno ! La démarche a même suivi la logique « pilote » avec un premier test de 100 carnets parsemés dans San Francisco dès l’été 2000.

Ces carnets voyagent, ils ont leur vie propre, se salissent, s’usent, sont parfois oubliés dans un tiroir, mais ce sont eux, les acteurs de l’expérimentation. Et depuis quelque temps, grâce à 1001 journals , une initiative spin off, des internautes en dehors de l’équipe projet peuvent également lancer eux-mêmes un carnet vierge, parfois autour de thématiques ou de groupes ayant pour certains des miroirs sur Facebook.

Le résultat de l’expérience 1000 journals est spectaculaire et a déjà donné naissance notamment à un livre haut en couleurs et à un DVD. Un site web existe, bien sûr, avec comptes utilisateurs créables, mais il n’est, pour le coup, qu’un outil de soutien et de collecte ou de témoignage au service de ce bon vieux format papier, qui décidément résiste bien aux nouveaux usages.

Alors si vous tombez sur un grand calepin, dans le métro, plutôt que de le balayer de la main… découvrez le monde en 2.0, et partagez-y le vôtre.